Notre journée dans un village masai (écrit par Cath)

Publié le par cath_et_melin

« oulala » (expression qu’ils s’amusent à répéter après nous) ou notre journée dans un village Masai…

 

Samedi Samuel et Jonathan nous ont invitées à déjeuner, et en sont venus à nous inviter dans leur village. Au départ, toujours un peu méfiantes, on refuse gentiment, ou plutôt on repousse l’invitation.

On rencontre leur frère (oui parce que les Masais sont tous plus ou moins frères, de père, de mère, parfois les deux, parfois on ne comprend pas vraiment pourquoi, mais ils sont frères!) Edward qui rentre de Suisse, où il était pour un meeting international, qu’il nous raconte. Il est très intéressant et nous dit qu’il a même fait un petit tour par la France, il nous parle du tram, il a bien retenu le terme « prochain arrêt », des distributeurs automatiques de boissons etc. On n’arrive pas vraiment à savoir ce qu’il fait dans la vie, mais après cette rencontre, on se décide à accepter leur invitation à Parakuyo et Twatwatwa (sympa le nom J ), leurs villages…

 

Le lendemain donc (dimanche 26 octobre), ils viennent nous chercher à 2h30, heure tanzanienne (c’est-à-dire 8h30 en heure française, parce qu’ici, la journée commence à 7h, quand le soleil se lève, il est donc 1h pour eux à 7h pour nous…on a compris ça après avoir été réveillées par Samuel un matin à 8h alors qu’on lui avait donné rendez-vous à 14h!)

Direction leur village…en taxi ! Après une bonne heure de route, on arrive dans un lieu paumé de chez paumé, Parakuyo. Bon, en fait, on croit que c’est paumé, mais il y a quand même l’eau et l’électricité (enfin pas aujourd’hui, là, c’est en panne !)

On devient un peu l’attraction pour les enfants,
très attirés par mon bracelet, entre autre (qui n’est pas un bracelet masai) et qui nous dévisagent. Hormis ça, l’accueil est plutôt sympathique, on rencontre quelques personnes, on boit du thé au lait et on mange des chapatis (espèce de crêpes faites avec de la farine et de l’huile, très bons avec du sucre) c’est notre premier repas de la journée, on se dit déjà qu’on va être malade en rentrant, soit à cause de l’eau, soit à cause du lait.

Pendant ce temps là, la messe a lieu dans l’église du village. Nos Masais veulent nous y emmener et n’arrête pas de nous demander si on veut prendre des photos, mais nous, on ne veut absolument pas passer pour des touristes et on refuse, mais on va à la messe. Et là, on s’en prend plein la vue ! Les Masais sont groupés : les femmes d’un côté, les hommes d’un autre, et les enfants sont aussi partagés en trois groupes différents. Chacun leur tour les groupes dansent (les enfants), c’est fascinant et magnifique. On se dit que si les messes étaient comme ça chez nous, beaucoup plus de monde irait à l’église ! Entre temps Jonathan prend appareil photo et caméra et se ballade dans l’église, ce qui n’a pas l’air de déranger qui que ce soit d’ailleurs. On se retrouve donc avec plein de photos, des films (et ma caméra qui a bugué à la fin d’un film trop chouette et qui l’a effacé…Grrrrrr)

 

 

Ensuite, on part direction Twatwatwa en moto. Emeline est derrière Samuel, moi je suis derrière un autre masai et…devant Jonathan ! Prise en sandwich entre deux Masais, sans casque, au fin fond de la brousse tanzanienne, sur des chemins plus ou moins sûrs, c’est pas qu’on n’est pas rassuré mais…en fait on est morte de peur ! Mais bon, tout se passe bien à l’aller comme au retour, mise à part une branche qui m’a à peine écorché le pied, mais comme ça a saigné, ils étaient tout désolés !

Arrivées à Twatwatwa, on comprend que Parakuyo était pas si paumé que ça, là on découvre des petites maisons dispersées un peu partout, faites de bois et de terre, petites et sombres avec à l’intérieur…rien ! Enfin, rien hormis un ou deux lits faits de paille recouverte d’une peau, voire éventuellement une petite table et un banc (=comprendre : des planches de bois surélevées  !) Et là, évidemment, pas d’électricité, juste un point d’eau. Les toilettes, c’est 4 taules autour d’un trou, bouché par une planche.

On est invité par la mère de Jonathan à manger, du riz avec heu avec quoi d’ailleurs…on sait pas trop, une sauce, bref, c’est très bon, même si on n’avait pas vraiment faim…A la fin du repas on n’en peux plus !

Tout le monde est très accueillant, et tous veulent prendre des photos (qui a dit que les Masais n’aimaient pas les photos ?!)

Jonathan nous fait visiter tout le village, de l’église à l’école en passant par sa maison et l’endroit où est enterré son père, l’étang (qui sert aux bêtes) et le château d’eau (très important apparemment !) etc etc On s’arrête de nombreuses fois, il y a toujours quelques enfants pour nous apporter un tabouret ou une rabane pour s’asseoir, on a droit à des photos à chaque fois (à la fin de la journée, environ 90 ont été prises !), les filles adorent toucher nos cheveux, faut dire que elles, elles ont la boule à zéro… On goûte aussi du miel, très bon, mais vu la tête qu’il avait on se dit que si c’est pas le lait du matin qui nous rendra malade, ce sera le miel. Bien sûr durant notre ballade, on croise de nombreuses chèvres, poules, ânes et autres chiens ou vaches. Et aussi, on a soif, très soif...Notre bouteille d’eau est dans le sac d’Emeline, or le sac est resté dans la maison de Jonathan, et on n’ose pas boire l’eau du puits. J’avoue, lors de notre deuxième repas (ugali et épinard, à 16h, autant dire qu’on n’avait pas faim du tout, et on ne peut pas dire que l’ugali soit ce qu’il y a de plus léger !) j’ai failli craquer en voyant la carafe d’eau à côté de moi…Emeline a eu vite fait de me parler des vilains parasites qui pourraient décider de s’installer dans mon ventre, du coup je me retiens ! On partage donc notre deuxième repas avec quelques jeunes filles, dont la sœur de Samuel, Emeline se fait mettre des chevillières (en perles), moi j’ai déjà eu le droit à mon bracelet un peu plus tôt. (On ne peut évidemment plus les quitter, heureusement que c’est joli !) et les filles nous offrent aussi des colliers. C’est à ce moment là qu’on rencontre le Babou, leur grand-père, d’après ce qu’on a compris, (et ses deux femmes !) qui donne à Emeline son contact pour qu’elle le donne à son père. On le soupçonne de vouloir négocier la dot, oui parce que je vous ai pas dit, Emeline va se marier avec Samuel J Bon, la réalité, c’est qu’il est amoureux et malheureux parce qu’Emeline est mariée (si si) et qu’elle aime son mari en France. Et voilà, un cœur de Masai de brisé…snif

Ah oui j’allais oublier une petite anecdote : on voit un truc rose derrière l’oreille d’un petit enfant masai, intriguées, on demande à Jonathan ce que c’est, il nous répond « Buble gum », et là l’enfant décolle son chew gum de derrière l’oreille et le remet dans sa bouche… lol !

 

De retour à Parakuyo, on rencontre un autre de leur frère (oui, étonnant, vous me direz !) Philimon, très beau (oui, lui aussi, parce qu’il faut savoir qu’en règle général, chez les Masais, autant les femmes sont plutôt laides, autant les hommes sont magnifiques) qui veut lui aussi sa photo, bien sûr ! 

La journée s’achève déjà, mais il n’y a apparemment plus de bus pour rentrer. Qu’à cela ne tienne, on va au bord de la route pour attendre…on sait pas trop ce qu’on attend, mais imaginez une route complètement perdue au fin fond de la brousse, des voitures, des cars ou des camions, il doit en passer un par heure, pas plus…La nuit tombe, on s’imagine devoir dormir sur la paille d’un lit Masai ! On passe le temps en jouant avec eux le jeu qu’on a appris la veille avec Edward, et on finit par leur apprendre « trois p’tits chats » c’est terrible, ils adorent, ils chantent même avec nous !!

On a bien attendu comme ça une bonne heure, peut-être même plus, le premier camion qui passe n’a pas de place pour nous, arrive plus tard, bien plus tard (!) un 4x4 à l’arrière duquel on s’entasse, Samuel Jonathan Emeline et moi, à part le fait qu’on était tout serré, c’était le grand luxe, climatisation etc, conduit par un Indien, qui avait l’air bien riche…On se dit qu’on a bien de la chance qu’il se soit arrêté !

En partant on est invité à revenir le week-end prochain, et Philimon nous dit qu’ils tueront une chèvre pour l’occasion (wahou !)

 

Bilan de la journée, on est d’accord toutes les deux pour dire que c’était notre plus belle journée depuis qu’on est ici, qu’on en a pris plein la vue et qu’on a une chance incroyable d’avoir vu tout ça (et d’en avoir ramené plein de photos et de films en plus) On découvre une population tout à fait à part, des gens fiers mais extrêmement accueillants et généreux, riches mais qui veulent à tout prix conserver leurs traditions de vie. Et on n’a même pas été malades en rentrant !!

On a même essayé d’apprendre quelques mots Masai (ils ont leur propre langue) beaucoup plus compliqué à prononcer que le swahili à notre goût, mais ça a du leur faire plaisir..

Philimon nous a demandé si on avait assisté à des cérémonies, autre que la messe. On lui  a dit que non, alors on espère pouvoir le faire un jour, du coup (qui sait, peut-être le mariage d’Emeline niak niak niak) ça doit être terrible…

Et que ce soit dans leur village ou en ville à Morogoro, ils jouent les protecteurs avec nous. Du fait qu’ils soient Masais et nous blanches, on est toujours dévisagé dans la rue (les Masais ne sont pas forcément appréciés par les Tanzaniens, mais surtout la plupart du temps, ils sont craints, car impressionnants, alors que finalement ils sont tout ce qu’il y a de plus pacifique) mais on a l’impression qu’avec eux il pourra jamais rien nous arriver !

Lorsqu’on a dit à la Guest House qu’on allait le lendemain dans un village Masai tout le monde s’est inquiété et Faustiny (le prof de karaté d’Emeline) nous disait de ne pas y aller parce que c’était dangereux. (C’était trop touchant d’ailleurs, à quel point il était inquiet pour nous !) Au final, on a quand même réussi à les rassurer un peu, mais il a fallu qu’on laisse tous les numéros de portables qu’on avait (les notres, ceux de Samuel, Jonathan, Edward) les noms des villages où on allait etc etc et tous voulaient que Rockson parle avec eux avant qu’on parte. On a même du appeler Alex à midi pour dire que tout allait bien, et lui nous a rappelé en fin d’aprem pour nous demander quand on rentrait.

Avec tout ça, on avait un peu l’impression qu’ils imaginaient qu’on allait connaître l’enfer là-bas (finalement, c’est vrai qu’on partait vraiment à l’aventure !) mais nous, les connaissant depuis quelques temps déjà, on leur faisait confiance. Et Rockson nous a volontiers laissé partir après avoir discuté un peu avec eux.

En fait, les Tanzaniens ont peur des Masais parce qu’ils ne les connaissent pas, et j’imagine que de les voir en habits traditionnels dans les rues, avec leurs armes à la ceinture, ça ne doit pas être rassurant pour eux !

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la blonde de clermont 22/11/2008 09:09

salut la miss (et bonjour émeline que je connait pas) comment ca va??? et oui j'ai vu l'adresse de votre blog sur msn donc comme il y avait de la lumière je me suis permise d'entrer et de lire(je suis tjs aussi curieuse). Ca à l'air de bien se passer pr vous faite gaffe à pa vous faire becté par les giraffes!!lol. Sinon moi ca va mon stage s termine en décembre. et pis voilà. je vais suivre votre récit grâce àvotre blog c génial g presque l'impression d'y être.. lol
allé bonne journé ou bonne nuit (g pa compris lhistoire de l'heure, c pas de ma faute j'suis tjs blonde!!lol) gros bizous à bientôt!!