Bon alors dimanche et lundi 5-6 octobre on a rien fait de spécial.
Programme prévu pour la semaine : mardi départ pour Magoma avec un chauffeur, et Yanga le directeur de l’ONG, là bas on doit rejoindre un technicien de l’ONG (parce que la pompe est implantée dans cette région donc il y a une « usine » de fabrication de pompes à Korogwe, petite ville située à 35 km de Magoma). Puis on est censé vadrouiller dans cette région pendant trois jours (on est censé rentrer jeudi soir), Yanga doit nous présenter à pas mal de monde genre ONG partenaire, ministère de l’Agriculture, district… En effet nous sommes censées retourner seules dans cette région pour y faire l’étude de l’impact socio-économique de la pompe. On était également censé visité l’ « usine » de fabrication de la pompe.
Donc pour situer un peu tout ça : Magoma est un petit village complètement paumé (ça nous ne le savions pas avant d’y aller) situé dans la région de Tanga (qui est la 3ème plus grosse ville de Tanzanie), au Nord Est de la Tanzanie.
Donc Mardi 7 octobre : départ à 8h pour Magoma.
Après 3h d’autoroute, on arrive à Korogwe où le technicien, John, nous rejoint.
On croit partir pour Magoma. Mais on se rend à un endroit dans Korogwe, sûrement des « bureaux » administratifs, Yanga et John s’arrêtent pour y faire on ne sait pas trop quoi. Catherine, le chauffeur et moi attendons pendant au moins une heure dans la voiture (et ce sera le début d’une très longue série d’attente durant ce voyage…). Puis on reprend la route, on pense se rendre à Magoma mais après 40 km de brousse (c’est pire que les montagnes russes, le chauffeur conduit à fond les ballons dans les chemins de terre et à l’arrière on n’a pas de ceinture, autant dire que ça remue sacrément…) on se retrouve…au bord de l’océan indien ! trop bonne surprise, ils ont fait un détour par Panganie pour nous montrer l’océan indien et nous nous rendrons à Magoma demain en fait. On a donc fait une ballade sur la plage, le cadre est paradisiaque, malheureusement on n’a pas emmené nos maillots de bain et de toute manière la baignade n’était pas prévue… mais bon on a quand même fait tremper les pieds (eau super chaude… !) et d’ailleurs mes baskets et mes chaussettes ont été emportées par une vague…super j’avais qu’une paire de chaussures, c’est le top confort de remettre baskets et chaussettes trempées…
On passe la nuit dans une Guest House, pas chère certes (on dort pour même pas 3€ chacune) mais pas top clean, il faut prendre son courage à deux mains pour affronter la salle de bain mais bon c’est déjà pas mal qu’il y ait un filet d’eau froide qui coule de la « douche », on peut quand même se laver un minimum.
Mercredi 8 octobre :
Départ à 7h pour Tanga (apparemment Magoma c’est toujours pas pour maintenant, à vrai dire on est un peu largué, on s’est pas trop ce qu’on va faire finalement). Alors en fait Yanga et John doivent aller parler au « ministère de l’agriculture » de l’ONG et de leur projet car ils veulent implanter des pompes à Tanga. Alors on va très vite découvrir que les Tanznaiens ne connaissent pas le concept du rdv. Ils se rendent sur place et s’il y a quelqu’un tant mieux, s’il y a personne soit on revient plus tard, soit on attend… Evidemment il n’y avait pas la personne qu’ils voulaient voir… et puis la Tanzanie c’est grand, alors les villes et les villages ne sont pas les uns à côté des autres et vu l’état des routes, c’est pas 5min qu’il faut pour naviguer d’une ville à l’autre… bref ils adorent perdre du temps. L’organisation ce n’est vraiment pas leur fort et ce sera confirmé à plusieurs reprises durant ce voyage. On repart donc direction Korogwe pour aller chercher une chambre pour la nuit. Après encore un sacré trajet en brousse (de toute manière durant ce voyage on aura fait que des trajets en brousse, bonjour le mal de dos…) on arrive à Korogwe, on trouve une chambre, un peu plus chère que la nuit précédente mais nettement plus clean. On pose nos affaires et ça y est on part enfin à Magoma. Sur le chemin on comprend pas tout mais on s’arrête sur le bord de la route, au niveau d’un école. Et là des dizaines d’enfants se mettent à courir vers le bord de la route et attendent quelque chose. On descend de la voiture et on attend nous aussi, quoi, on ne sait pas… mais en tout cas on deviendra très vite l’attraction du coin, des dizaines de petits yeux nous encerclent et nous fixent… très à l’aise comme situation… au bout d’1/4 d’heure, plusieurs 4*4 se suivent avec des militaires dedans, et le dernier a une espèce de torche enflammée à l’arrière avec des militaires qui portent des masques à gaz… on s’est alors dit « ah ça y est il y a une attaque terroriste, ils ont disséminé un virus »… lol ! Non en fait tout ça pour une petite flamme… et tous ces enfants attendaient « cette flamme olympique ». Ca y est ils rentrent tous en classe et nous reprenons la route.
On arrive enfin à Magoma, c’est un tout petit village, où il n’y a rien et qui est perdu au milieu de nulle part… On va voir un mec qui travaille avec l’ONG World Vision, une ONG partenaire de la
nôtre. On se présente, Yanga nous arrange tout pour qu’on puisse loger quand on reviendra (ils veulent qu’on reste un mois ici pour faire notre étude…) et c’est parti on va tester le
questionnaire qu’on a mis en place pour notre étude. Le mec de WV nous sert de traducteur car les fermiers ne parlent que le swahili. On passe près d’une heure dans les cultures à interroger des
fermiers qui utilisent la pompe.
On
s’aperçoit qu’on a pas mal de choses à modifier dans notre questionnaire… à la fin ils veulent qu’on les prenne en photo et ils nous donnent plein de légumes. Puis Yanga s’en va faire on sait pas
quoi avec le mec de WV, nous pendant ce temps on attend sur le bord de la route qu’il revienne, John et un fermier sont restés avec nous, on fait la conversation, et John me demande si c’est vrai
qu’il y a comme une grosse bulle de verre qui recouvre Paris pour ne pas qu’il y pleuve...Au bout d’une heure ils reviennent et on est reparti pour notre chambre à Korogwe. A 18h on est dans
notre chambre jusqu’au lendemain matin, il n’y a rien à faire, le temps passe vraiment très lentement…
Jeudi 9 octobre :
Départ à 7h30, on retourne voir le Ministère de l’agriculture à Tanga. Ce coup-ci il y a la personne qu’on veut voir… Alors on s’installe tous autour d’une table, Yanga nous présente puis la conversation se poursuit en swahili, super on comprend rien. Mais bon ça valait le coup d’y être rien que pour voir la super organisation des tanzaniens !!! Alors il faut pas oublier que Yanga s’adresse quand même au gouvernement, on s’attend à ce qu’il ait préparé un minimum de support pour présenter le projet… et bien oui il a bien prévu qqch : il sort un papier tout chiffonné de sa poche sur lequel il y a marqué le programme du projet… mais bon il y en a pas pour tout le monde alors il sort une clé usb de sa poche et demande à un mec du gouvernement s’il peut imprimer plusieurs exemplaires. Et voilà tout le monde a son exemplaire (nous on nous a refilé l’exemplaire tout froissé) ils peuvent commencer. Bon après avoir un peu merdé sur l’organisation, il a quand même l’air de maîtriser ce qu’il dit. Et puis on sent bien qu’il y a qqch qui le chafouine, ça fait plusieurs fois qu’il regarde le ventilateur de manière suspecte…Va-t-il craquer ? Et bien oui au bout de quelques minutes il demande à ce qu’on éteigne le ventilateur. Voilà au bout d’1/2h de blabla auquel on a rien compris tout le monde se sert la main et on repart. On se dit que le gouvernement a vraiment du le prendre pour un guignol mais non apparemment ils ont été convaincu par le projet et acceptent la coopération.
Puis retour à Korogwe où ils nous lâchent dans un resto plutôt luxueux, je ne sais pas ce que eux ils sont allés faire en attendant mais en tout cas nous on a attendu plus de 3h dans ce resto, on a eu le temps de s’en mettre plein la panse. Ils reviennent, on pense qu’on va enfin rentrer chez nous à Morogoro (parce que bon attendre et faire de la voiture ça va bien 5min)… mais bonne surprise au bout de quelques kms ils s’arrêtent dans la ville d’Handeni et cherche une chambre… !!! le retour à Morogoro ne sera malheureusement pas pour aujourd’hui. Et voilà il est 16h30 et on se retrouve encore dans une chambre de Guest House à rien faire… en plus ils nous ont laissé et sont partis on sait pas où… vers 18h on décide quand même de sortir un peu pour acheter de l’eau et manger un peu. On met bien ¼ d’h à faire la seule rue où il y a qqch, des barbecues sont installés sur le bord de la rue, on prend un épis de maïs et quelques mishikaki (petites brochettes de bœuf). Puis retour à la chambre pour une longue soirée… heureusement on s’endort assez vite.
Vendredi 10 octobre :
Départ 8h, on se rend au district d’Handeni, et évidemment la personne qu’on veut voir n’est pas là… alors on va dans un autre bureau de l’ONG WV qui se trouve à Handeni. Et devinez quoi ?! le directeur n’est pas là, Yanga nous explique qu’il va bientôt arriver, qu’on attend 5-10 min, qu’ ils ont une petite discussion (en fait cette ONG doit acheter des pompes, mais bon en Afrique pour que les choses se fassent, il faut pas relâcher la pression, donc Yanga est juste venu leur dire de ne pas oublier…) et qu’après on repart au district pour voir si la personne est là. On aura finalement attendu 3h le directeur… il nous aura fait signer son programme pour la protection de l’enfance (super on a signé un papier comme quoi on s’engageait à ne pas abuser sexuellement des enfants, respecter leur religion, leur famille, leurs traditions, qu’on ne resterait pas seul avec eux…) et je crois qu’ils n’ont même pas parlé de la pompe, la discussion a bien duré 5min. On a attendu tout ce temps pour ça, c’est à se taper la tête contre les murs…Ah si Yanga aimerait que l’on fasse aussi l’étude socio-économique de ce village…aussi perdu que Magoma.
Bref on retourne au district, ils parlent avec le gars, ils font l’effort de parler en anglais. Il nous présente, explique le principe de l’ONG, de notre travail, si on a besoin d’info sur le village on pourra venir là…Ca dure ¼ d’h, on repart enfin pour Morogoro. Avant on s’arrête boire un coup, manger quelques samousas et déposer John qui retourne à Korogwe.
On ne passe pas par l’autoroute pour le retour, on passe par des chemins de terres à travers la forêt, c’est très sympa, on croise des masaïs avec leur troupeau, on passe à travers des petits villages…
17h30 on est enfin chez nous à Tushikamane Guest House, on s’est aperçu pendant ce voyage qu’elle était vraiment bien cette Guest House…